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Le Guagua Pichincha et le Rucu Pichincha

 
  
le massif des Pichincha

Bien que certains poètes disent qu’une ville sans montagnes est comme une femme sans poitrine, les « Quiténiens », fiers de leurs vertes montagnes qui entourent la ville, les regardent toujours avec une certaine méfiance. Tout spécialement le Pichincha, un volcan actif qui pourrait se réveiller et laisser Quito recouvert sous les cendres.

Les vulcanologues n’écartent pas cette possibilité, c’est déjà arrivé, mais les volcans sont imprévisibles et il peut passer des millénaires sans que quelque chose bouge.

Le Massif des Pichincha (le "vieux" et le "jeune")

Situé à une dizaine de kilomètres à l'ouest de la ville de Quito (1,8 million d’hab.), le massif des Pichincha domine la capitale de l’Équateur située à 2800 mètres d’altitude sur un gradin tectonique,
une marche d’escalier au flanc du volcan actif Pichincha.

Ce massif est composé principalement de deux volcans, le Rucu Pichincha et le Guagua Pichincha. Rucu, signifiant « le vieux » et Guagua « le jeune, l'enfant ».

C'est bien sûr le "jeune", le Guagua Pichincha, qui est le volcan actif et celui qui constitue une menace sérieuse pour Quito. Le danger ne vient pas forcément des nuées ardentes qui ne menaceraient directement qu'une mince partie de la ville, mais plutôt par les nombreux lahars secondaires à l’éruption, flux de boue et de débris qui menaceraient eux tous les quartiers du piémont.

volcan Guagua Pichincha
 

Le Rucu Pichincha (4696 m)

Rucu Pichincha

Malgré son altitude élevée et son grand âge, sa « tête n’a pas blanchi » il n’y a pas en effet de neiges éternelles à son sommet.

Rucu, en Quechua (ancien langage inca toujours parlé actuellement par les Indiens d’Équateur) signifie « Vieux ou Ancien». Ce volcan a en effet été le témoin de beaucoup de pages d’histoires.

Haut de 4696 mètres, c’est donc un vieux volcan, éteint et très érodé par les anciens glaciers qui l’on raboter, laissant des pics rocheux affûtés dépasser de ses crêtes, et connus sous le nom d’« agujas » (les aiguilles).

Il est situé un peu plus au nord du Guagua Pichincha et est séparé de celui ci par le Padre Encantado, le troisième sommet du massif, formé par les émissions massives de lave du Guagua.

Le Rucu Pichincha, malgré son altitude élevée et son grand âge, n’a pas la tête « blanchie », c'est-à-dire qu’aucune neige éternelle ne couvre son sommet. Uniquement lorsque de fortes tempêtes s’abattent sur Quito et que le froid s’intensifie, les aiguilles et les « arénal » (sablières) se couvrent d’une fine couche de neige, qui peut tenir quelques jours et présenter alors une belle allure alpine, avec ses crêtes pointues qui se dresseront comme un drapeau de paix sur la capitale de l’Équateur.

Le Rucu est l’une des montagnes favorites des randonneurs, tout particulièrement ceux qui s’initient à la montagne.

L’ascension du Rucu Pichincha ne présente aucun obstacle, excepté les difficultés climatiques qui peuvent régner à certaines époques de l’année.

Le Rucu est donc une montagne facile d’accès, tant pour les Quiténiens que pour les touristes, d’autant plus que depuis 2005 on accéde directement à 4050 m en téléférique.
De là un sentier facile d’une heure et demie à 2 heures de marche maximum vous mène au pied du Rucu. Attention malgré tout si vous désirez rejoindre le sommet : le terrain est très délité et beaucoup de pierres sont instables. Les risques de chutes graves existent.

Face Sud Rucu Pichincha

Nombreux sont les randonneurs qui se lancent le week-end dans l’ascension du Rucu Pichincha pour profiter d’un jour dans la nature ou comme préparation à l’ascension de sommets moins faciles et plus risqués.


Le Guagua Pichincha (4794 m)

Situé plus au sud du Rucu, le Guagua Pichincha est le plus jeune du massif, d’où son nom en Quechua « Guagua », signifiant enfant. Haut de 4794 mètres, il montre toujours une activité volcanique, au contraire de son « vieux » compagnon éteint.

cratere Guagua Pichincha

L’énorme cratère du Guagua Pichincha cassé vers l’ouest, avec son cône éruptif à 700 mètres du bord, les nombreuses fumerolles et les sources thermales démontrent jusqu’à maintenant son état d’activité.
Il est considéré comme très dangereux, et est donc largement surveillé. C’est avec le Cotopaxi et le Quilotoa un des volcans les plus dangereux d’Équateur.

Le Guagua subit les mêmes conditions climatiques que le Rucu, mais conserve cependant plus longtemps les neiges des fortes tempêtes sur son sommet.
Son ascension, comme celle du Rucu est facile. Pas besoin d’équipement de haute montagne, mais il est nécessaire d’emmener avec soi de bons vêtements de pluie.

Il est préférable d’y aller accompagné d’une personne connaissant le volcan, un guide de préférence, d’une part à cause de ses flancs étendus et d’autre part pour l’épais brouillard qui pourrait venir de la côte ; plus d’une fois, la vie d’andinistes ou de randonneurs a été en difficulté.

Ascension du Guagua Pichincha et traversée du massif

Terranova Trek et son gérant général, Henri Leduc, ont eu le plaisir et l'honneur d'emmener Rafael Correa, Président de la République d'Équateur, accompagné de sa fille ainée de 14 ans, en trekking durant 2 jours pour effectuer la traversée du massif des volcans Pichincha avec ascensions des deux sommets.

Le premier jour a été consacré à l'ascension du premier sommet du volcan Guagua Pichincha, 4781 m. La nuit s'est passée en campement à 4200 m.

Le deuxième jour s'est accompli la traversée complète, allant du Guagua Pichincha, via le Padre Encantado (3e sommet de ce massif volcanique), jusqu'au Rucu Pichincha, le 2e volcan de la chaîne des Pichincha, avec également ascension de son sommet (4696 m).

Le retour vers la capitale, Quito, s'est effectué par le téléférique.

Les Éruptions du Guagua Pichincha

caldera Guagua Pichincha

L'éruption historique la plus puissante s'est produite en 1660. Ce fut une éruption plinienne avec des retombées de ponces et de cendres.

Il semble qu’à la suite de cette éruption s’est mis en place le dôme qui se trouve au fond du cratère du Guagua Pichincha.
Aucune victime ne fut mentionnée à l’époque, mais elle a recouvert de 30 cm de cendres la ville de Quito, et saupoudré le paysage jusqu'à 1000 km de distance.

Entre 1660 et 1881, l’activité s’est résumée à des explosions phréatiques rares et irrégulières. Cette activité a repris en 1981 après un siècle de repos complet.

Elle s’est ensuite intensifiée à partir d’août 1998 pour déboucher sur une éruption magmatique en octobre 1999 avec grand dégagement de vapeur d’eau et de cendres qui laissa une nouvelle fois Quito sous les cendres.

Après des mois d'activité phréatique intermittente, l'activité du volcan Guagua Pichincha avait dramatiquement augmenté durant les derniers jours de septembre pour déboucher sur deux explosions majeurs les 4 et 7 octobre de 1999.

Le 4 octobre, les explosions phréatiques et de cendres se firent plus fréquentes. Le 5 octobre, un nuage de cendres montât au-dessus de 19.500 mètres d'altitude.

 
eruption Pichincha 1999

Au matin du 7 octobre, le volcan Guagua Pichincha entra en éruption trois fois.

L'explosion la plus importante produisit un spectaculaire nuage de cendres et d'eau bouillante qui monta jusqu'à 12 km au-dessus du cratère.

Cette explosion a couvert la capitale de cendres en causant des problèmes respiratoires à beaucoup de ses résidents.

Le décès d'au moins une personne fut signalé et plusieurs autres furent blessées à cause de l'inhalation de cendres, ou de l'effondrement de toits pendant leur nettoyage.

champignon de cendre Guagua Pichincha

Heureusement, le cône actif du Guagua Pichincha est situé sur le bord occidental d'un ancien cône plus élevé qui protège la ville des coulées pyroclastiques. Les conséquences possibles pour la ville de Quito d'éruptions éventuellement encore plus importantes seraient principalement des effets de lahars et des chutes de téphra (produits pyroclastiques)

Teodoro Wolf, dans son monumental « Géographie et Géologie de l’Équateur » (Maison de la Culture Équatorienne, 1975), relate minutieusement les éruptions du Guagua Pichincha, ouvrage duquel nous citons : « Le Pichincha est le premier volcan par son activité historique et également l’unique de la cordillère occidentale. Aujourd’hui endormi, il n’est cependant pas tout à fait éteint, et a montré, il n’y a pas si longtemps, des signes de réveil.

Il est probable qu’au moment de la conquête espagnole, il ait été dans le même état de tranquillité. Il fit peur aux habitants de Quito pour la première fois 32 ans après la fondation de la ville avec une forte éruption le 17 et 18 octobre 1566 et le 16 novembre de la même année. Le 8 septembre 1575, le même événement se reproduisit avec plus de force, et une nouvelle fois le 14 juin et ensuite du 11 au 14 juillet 1582. Après une activité énergique de 16 ans, le Pichincha se tranquillisa et ne dérangeât plus les Quiténiens durant 78 ans. Mais le 27 octobre 1660, il se réveilla brusquement avec l’éruption la plus effrayante répertoriée dans l’Histoire.
Il existe à Quito de nombreux documents authentiques relatant cet événement. C’est relaté dans l’histoire de l’Équateur comme l’un des phénomènes volcaniques les plus grands ; et comme si le Pichincha eût épuisé toutes ses forces avec cette éruption, il retomba en profonde léthargie, sans manifester depuis une activité considérable.

champignon de cendre Guagua Pichincha

Le cratère se trouve dans un état de solfatara , exhalant vapeurs aqueuses et gaz sulfureux ; parfois une colonne de fumée plus dense s’élève au-dessus de la cime, et il est probable que durant notre siècle (Teodoro Wolf se réfère au XIXe siècle) il y ait eu de faibles éruptions passées quasi inaperçues dans la capitale, par exemple en 1830 et le 10 mars 1881.
Des expériences passées, nous pouvons déduire que les éruptions de matériaux triturés se composent de cendres, de sable, de lapilli, de pierre ponce, bombes de toutes sortes et de fragments de lave et d’andésites. Les coulées de lave fraîche sont (historiquement) inconnues sur ce volcan, du moins sur ses flancs orientaux et méridionaux. S’il en existe, il faudrait les chercher sur les flancs occidentaux, quasi inaccessibles, là où le cratère est ouvert. »


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